Le livre, un bien atypique

Le livre en lui-même, a toujours été un bien à part. Mais, cela est dû au fait qu’il s’agit de la première œuvre intellectuelle dont l’auteur ne se défait jamais vraiment. Ainsi, ce que vous achetez sur un support physique ou numérique, n’est qu’une copie de l’œuvre originale produite par l’auteur. Et à ce titre, il s’agit en quelque sorte d’une licence de jouissance de l’œuvre qui vous est donnée lors de la transaction.

Ce type de transaction est aujourd’hui bien connu et ses limites sont maîtrisées au poil près. Les technologies modernes rendent d’ailleurs son exécution particulièrement simple. On pense notamment aux films, aux œuvres musicales et à diverses autres œuvres créatives. Mais, le livre s’est développé bien avant ces règles et ces technologies. Ce qui en fait un bien atypique.

Acheter un livre, ce n’est pas en avoir la possession. Vous pouvez en effet acheter un livre sans pour autant empêcher une autre personne de l’acheter également. Vous ne pouvez pas non plus empêcher l’auteur de sortir d’autres exemplaires identiques à celui que vous avez acheté. Le livre n’est pas un bien qu’on peut s’arroger. Contrairement à une œuvre graphique qui peut être commissionnée et dont la jouissance exclusive revient au commanditaire, le livre est destiné à être lu par le plus grand nombre.

C’est donc une « copie » du livre que vous achetez. Et c’est exclusivement sur cette copie que vous pouvez exercer votre droit de propriété par l’usus, et l’abusus, en d’autres termes, vous avez le droit d’en faire usage ou de la détruire. Mais, à aucun moment, vous ne disposez du droit d’usufruit. En somme, vous ne pouvez pas générer de profits pécuniaires de la jouissance dudit livre. Ce droit est exclusivement du domaine de l’auteur ou de la maison d’édition.

Même les bibliothèques, qui génèrent des profits en louant les livres, ne disposent pas réellement du droit d’usufruit. Elles entrent en partenariat avec les maisons d’édition et reversent aux auteurs, une part négociée à l’avance, chaque fois que le livre en question est demandé par un usager. Cela ne s’applique généralement pas à la consultation sur place, mais les conditions du contrat peuvent varier d’un pays à un autre, d’une région à une autre, ou d’une bibliothèque à une autre.

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